Ma retraite de yoga à Penang

Après 3 semaines passées au Myanmar, j’ai décollé le 18 avril, en direction de Penang pour effectuer une retraite de yoga chez Susana et Satya.

Je vous raconte brièvement comment j’en suis arrivée là: Susana et moi nous sommes rencontrées à Amsterdam en automne 2014. A ce moment-là j’étais en stage de fin d’études dans une boîte néerlandaise et le rythme effréné de travail avait des conséquences désastreuses sur mon sommeil et mes cervicales. Lors de la soirée d’anniversaire de Sam, mon amie Daylien me parle de yoga. Elle sort tout juste d’un cours et me confie qu’elle est complètement détendue. Je lui fais alors part de mon intérêt et c’est ainsi que Daylien m’a mise en contact avec Susana. A ce moment-là j’ignorai à quel point cette rencontre allait changer ma vie. J’ignorais à quel point Susana allait me faire aimer le yoga.

Ma pratique du yoga se limitait à une seule et unique séance, lorsque j’étais allée rendre visite à ma soeur à Nairobi en hiver 2014, elle m’avait trainé à un cours de fitness suivi d’un cours de yoga. J’avais détesté…

Par ailleurs, la spiritualité, très peu pour moi, quant à la méditation, il était quasiment impossible pour moi de rester concentrée plus de 5min d’affilée (ce qui fût un réel souci sur les bancs de l’école, oui oui). Alors pourquoi et comment est-ce que je suis tombée amoureuse du yoga ?

Je crois que c’est tout d’abord grâce à ma super prof Susana. Susana est une excellente professeur qui a passé 3 ans en Inde où elle s’est formée avant de revenir en Europe pour quelques mois. Elle est patiente et pédagogue et surtout, elle est passionnée.

J’ai commencé la pratique par des cours groupés et j’ai fini par devenir tellement accro que Susana et moi avions des rendez-vous bi-hebdomadaires chez elle pour pratiquer le yoga.

Ce n’est pas évident de mettre des mots sur ce qui se passait là-bas. C’était quasiment mystique, je crois bien que c’était une addition de tous les éléments qui composaient la situation: l’autel dans le salon, l’odeur d’encens, la musique apaisante, la présence de Susana et sa bienveillance infinie et moi qui commençais à m’ouvrir et me laisser transporter. Durant ces quelques mois, j’ai appris à ouvrir à la fois mon corps et mon esprit. Durant nos sessions de yoga tout disparaissait et je me sentais vraiment ailleurs. J’oubliais. J’oubliais le froid et la pluie amstellodamoise, j’oubliais le travail et les 200 mails que je devais traiter quotidiennement, j’oubliais… Ou du moins j’avais enfin trouvé un moyen de mettre de côté mes contrariétés, ne fût ce que pendant 1h30.

Au fur et à mesure que mon corps gagnait en souplesse, mon esprit perdait également en rigidité; la transformation était en marche, et c’est là que j’ai commencé à désapprendre. Mon expérience du yoga consiste en cela: désapprendre, me défaire de mes idées reçues, détruire les fondations sur lesquelles je pensais que mon identité reposait pour finalement tout réapprendre, de manière différente et me reconstruire.

Son salon à Amsterdam, c’était mon havre de paix et lorsque Susana a quitté le pays, ça m’a fait très drôle. ( A tel point que je suis partie 2 mois après elle, mais ça c’est une autre histoire).

Tout ça pour en venir au fait: Susana et Satya se trouvaient à Penang pour quelques mois, le temps d’un semestre universitaire. Susana et moi nous nous écrivions de temps en temps pour nous donner des nouvelles, elle me conseillait des ouvrages et je m’empressais de les commander sur amazon pour en apprendre plus sur la spiritualité et le bien-être.

Lorsque je lui ai appris que je me rendais en asie, Susana m’a proposé de venir faire une retraite yogique chez elle. Au programme, 2 séances de pratiques par jour alliés avec des cours théroriques, nourriture yogique, tout ça dans un cadre idyllique (la pisciiiiiiine) et une atmosphère aimante. Ravie à l’idée de la revoir et de me remettre au yoga, j’ai sauté sur l’occasion et pris mes billets d’avion pour Penang.

Je n’avais pas d’attentes particulières. Je savais simplement que ça allait me faire du bien de revoir Susana et de pratiquer le yoga.

Seulement la vie est pleine de surprises et cette semaine là-bas m’a transformée.

Durant mon séjour là-bas, Susana m’a invitée à me poser beaucoup de questions. J’ai pris le temps de me poser, de m’isoler, de réfléchir et de rédiger soigneusement des réponses à des questions dont la pertinence m’échappait de prime abord. Elle m’a ensuite aidé à identifier les réponses que j’avais donné ce qui m’a permis de réaliser que tout était là, au fond de moi, seulement je vivais sans comprendre en quoi consistait réellement mon  potentiel.  Susana ne m’a donné aucune réponse toute faite, mais m’a fourni des outils précieux, que j’apprends désormais à utiliser à bon escient, un peu mieux chaque jour.

J’ai pu constater à quel point je me laissais embrumer l’esprit dans une sorte de pollution mentale: la publicité, le temps passé (perdu) sur les réseaux sociaux… Autant d’entraves à ma liberté de penser. D’ailleurs c’était impressionnant, j’ai passé un jour sans téléphone et sans internet et mon énergie créatrice était libérée; je me suis mise à déverser l’encre sur le papier, tant de mots que je gardais en moi et qui parvenaient enfin à s’échapper.

J’apprends à avoir confiance en l’avenir et en moi-même car Susana m’a aidée à prendre conscience de mes atouts. Les changements qui ont opéré en moi durant cette semaine, je ne les ai compris que plus tard.

Pour l’anecdote, en fin avril mon vol partait de Yangon et après une escale en Chine atterrissait à Paris… Je ne l’ai jamais pris.

Depuis mon séjour au Viet-Nam en décembre 2015 avec des amis d’Amsterdam, j’étais restée sur ma faim. 2 semaines en asie c’était bien trop court à mon goût pour s’imprégner de l’atmosphère ambiante, de la culture. J’en voulais plus. Alors j’ai appris à vaincre ma peur de l’incertitude et de l’insécurité, ma peur de quitter mon cocon, ma peur d’être seule et de voyager seule et je me suis lancée à corps perdu hors de ma zone de confort.

Après tout, qu’est ce que j’attendais ? Pour la première fois de ma vie j’étais libre. J’avais suffisamment d’économies pour survivre quelques mois, je n’avais pas d’obligations professionnelles. Il ne me fallait que ça, un peu d’argent et de courage, additionnés à mon envie insatiable de dévorer le monde. Ce sentiment de liberté était magnifique, galvanisant. Comme si le monde m’appartenait et qu’il l’attendait que ça: que je me lance à sa découverte.

A suivre…

Sur la 1ère photo: Arnaud, un ami qui nous a rejoint durant 2 jours intenses de yoga, Susana et moi.

2ème photo: La posture du poisson

3ème photo: Arnaud, moi, Susana et Satya

Publicités

Une réflexion sur “Ma retraite de yoga à Penang

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s