Voyager seule ?

En fin mars, en partant au Myanmar j’avais commencé mon voyage seule. Mes amis m’avaient incitée à me lancer mais ce qui m’avait surtout motivée c’était mon état de quasi dépression au mois de janvier à Amsterdam. J’avais besoin d’évasion et je n’avais absolument pas envie que l’idée de partir seule soit un obstacle.

J’ai finalement passé très peu de temps seule durant mes 3 mois en Asie puisqu’avant mon départ au Myanmar, mon amie Lisa m’avait mise en contact avec Errol, qui vit à Yangon et avec qui je suis allée au Lac Inle. Puis j’ai fait la rencontre de backpackers, dont Sam, un Irlandais qui fait le tour du monde (il est actuellement en Amérique du Sud le chanceux) avec qui j’ai passé du temps à Yangon et à Hpa-An. Quant à ma retraite de yoga en Malaysie, Arnaud, un ami qui vit à Singapour a passé un weekend à Penang et lorsque je suis arrivée au Laos j’ai eu la chance d’avoir été accueillie par Pierrick, un ami de ma sœur que j’avais rencontré il y a plusieurs années et qui vit à Vientiane avec sa femme… Tout ça pour dire qu’hormis mes quelques jours passés à Saigon, je n’ai quasiment jamais été seule…

ça m’a parfois manqué. Je suis quelqu’un de nature sociable cependant j’éprouve régulièrement le besoin de passer du temps seule avec moi-même. Je m’en suis rendu compte à Penang, je ne prends pas suffisamment le temps de me ressourcer en temps normal, alors que je suis le genre de personne qui est très bien au lit avec un bon roman, seule avec son tapis de yoga ou bien en train d’écrire à la terrasse d’un café.

Ma peur de la solitude, j’ai mis du temps à l’apprivoiser. Cela s’est fait progressivement. J’ai commencé par aller au cinéma seule à Paris lorsque l’envie m’a pris d’aller voir Casse-tête chinois. Puis lorsque j’ai arrêté la colocation pour vivre seule pendant environ 2 ans. Ensuite j’ai été amenée à effectuer régulièrement des déplacements professionnels et entre dîner seule au restaurant et me commander à manger pour rester dans ma chambre d’hôtel, j’ai rapidement fait mon choix. Et ça m’a plu. Assumer d’être seul au restaurant est un plaisir exquis. Le mieux étant de délaisser votre téléphone et de rester seul avec vos pensées et votre assiette ou bien d’observer (discrètement) les gens assis autour de vous. J’ai appris à aimer ces repas en solo à tel point qu’aller manger à l’extérieur seule est devenu mon petit plaisir coupable et qu’il m’est arrivé de bruncher seule à Amsterdam.

Cette peur de la solitude je crois que je l’aurai toujours avec moi. Mais j’ai appris à l’apprivoiser, à vivre avec. J’ai aussi compris que la solitude n’était pas mon ennemie.

Ma retraite spirituelle au Mahasi Center de Yangon aura notamment été bénéfique car elle m’a permis d’expérimenter quelque chose de différent. C’est en étant entourée de nonnes et de moines, en méditant que j’ai compris ce qui me faisait souffrir lorsque je me retrouvais seule. Je pouvais souffrir en pensant à des choses douloureuses, à mon passé ou à mon futur. Or, en me concentrant sur l’instant présent, il n’y avait que moi face à mes pensées. Etre seule et privée de moyen de communication m’a obligée à regarder ce qu’il y avait à l’intérieur de moi. ça m’a permis de me recentrer et de comprendre que je devais procéder ainsi lorsque je me sentais mal: au lieu de chercher à me distraire en traînant sur FB ou bien alors en buvant du rosé en terrasse, il fallait que j’apprenne à affronter mes pensées et surtout à m’affronter moi-même. J’ai alors compris que je pouvais être ma pire ennemie ou ma meilleure alliée…

 

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