Alors, pas trop dur le retour ? (partie 1)

J’ai atterri à Roissy le 24 juin, cela fait donc un peu plus de 2 semaines que je suis rentrée en Europe. Depuis que je suis rentrée j’ai eu droit à plusieurs « Alors, pas trop dur le retour ? » ou sa gentille variante: « Alors, ce retour à la réalité? »

Je rentre chez moi avec des putains de bons souvenirs plein la tête. Ce que je disais pendant mon voyage, lorsque je commençais à avoir la boule ventre à l’idée de rentrer, c’est que cette expérience n’a de valeur qu’au moment présent, lorsque l’on vit les choses pleinement, et qu’on se sent vivant comme jamais. Puis tout s’arrête brutalement et d’une plage paradisiaque, on revient à la jungle urbaine. La transition entre ces mondes radicalement opposés a duré 15heures, le temps d’un Bangkok/ Paris avec une escale à New Delhi. J’ai dormi quasiment tout le long, comme si j’anticipais que revenir allait m’épuiser et qu’il fallait que je recharge les batteries au maximum avant d’affronter mon no man’s land: un retour dans un pays que j’ai quitté il y a 2 ans et un retour vers le passé où je dois construire mon avenir. Au moment où j’ai quitté l’avion à Roissy, le steward s’est gentiment moqué de moi, à moitié amusé et admiratif (ahah) de ma capacité à dormir si facilement.

Puis à la sortie de l’avion, j’ai retrouvé les « joies » de la vie urbaine, les longs trajets en RER et le plus dur pour moi c’est de me rendre compte que j’ai beau avoir retrouvé mon chez-moi, ma maison, les gens que j’aime, je ne retrouverai pas la Prisca d’avant. Beaucoup trop de choses ont changé en moi, j’ai dû tourner un chapitre conséquent de ma vie et enfin assumer la personne que je suis réellement. Assumer le fait que le bruit m’épuise, que ce soit celui des rames du train, celui de la publicité à la radio ou encore de la musique au volume assourdissant… Assumer le fait que je déteste la foule et que je suis bien mieux dans mon lit avec un bon livre ou assise à la terrasse d’un café avec une amie. Ce n’est pas pour rien que je suis asthmatique: je crois que j’arrive à court d’oxygène bien plus rapidement que le commun des mortels alors j’essaie de trouver l’environnement où je pourrai le mieux respirer.

J’apprends à ne pas me forcer à faire des choses qui me contrarient ou me coutent trop et à préserver la belle énergie que j’ai acquise. Je me suis libérée de beaucoup de choses ces derniers mois, à commencer par l’emprise toxique que mon ex avait sur ma vie en passant par bon nombre de constructions sociales dont je me suis détachée. J’ai tout remis en question. Là-bas, j’étais heureuse. Le bonheur n’a rien de facile. Il n’est jamais acquis. Mon bonheur à moi, c’est le travail de toute ma vie, je m’efforce de marcher main dans la main avec et lorsque je sens qu’il m’échappe, j’accélère la cadence pour ne pas le perdre de vue. Aujourd’hui j’ai commencé la journée par une balade dans le parc, toute seule, juste parce que je voulais voir du vert et qu’aujourd’hui le ciel est bleu et que j’ai conscience que si la grisaille me déprime c’est à moi qu’incombe la tâche de remettre des couleurs dans le tableau de ma vie pour ne pas qu’il se ternisse avec le temps…

 

 

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